

Maison européenne de la photographie - Paris
site : les parcours de mémoire de M. Jodice
photographies paysages sur le site de la galerie Baudoin-Lebon
photographie et image : expos et coups de coeur



AD Galerie, Genolier (VD, Suisse)
jusqu'au 22 mai 2010
Nature sublimée, présence parfois infime de l'homme : ombre plutôt que chair. Entre menace et fragilité.
Face à ces paysages très esthétiques, d'immenses villes baignées de lumières verticales ou perdues dans un halo : Shanghai, Chicago, New York, Dubaï,... Villes de métal et de gratte-ciels : entre réel et imaginaire. Des faisceaux presque violents découpent l'espace de rayons clairs. Quelque chose qui plane, indéfinissable, comme une tension entre les éléments, un événement à venir..
Comme cette vue de New York, en premier plan les restes de pontons noircis. Arrivée de transatlantiques fantômes. Ces fondations noires et oubliées, traces des bâtisseurs, de nouveaux arrivés, répondant à ces lointaines silhouettes de Manhattan : tours de fer et d'acier noir.
Verticalité omniprésente : lumières tombantes, désir de transcendance ? Hybris de bâtisseurs ?
A voir aussi, la superbe série "Jet airliner" à San Marin, carlingues de métal et de reflets lumineux, plongeant vers le sol, le sable..la terre.
Bibliographie :
J. Hoflehner diffuse directement ses livres
par internet : http://www.josefhoflehner.com/
http://www.ad-galerie.com/ad-galerie/Artists/Pages/Josef_Hoflehner.html
article de Sophie Tomte: http://blogs.arte.tv/fine_art_photography/frontUser.do?method=getHomePage
http://www.actuphoto.com/11057-josef-hoflehner-jet-airliner.html


A Lausanne au Bellevaux, 18h30, vo italien sstitre fr.
Paris: Les trois Luxembourg, Le nouveau latina
Banlieue de Rome en hiver. Temps gris et humide. Patti, quinquagénaire marquée par la vie, aux cheveux rouges, cherchant son chien découvre une petite fille abandonnée sur un terrain de jeu. La pivellina. Héroïne d'un film sobre. Très simple. Aux allures de documentaire. L'histoire d'une rencontre, de liens qui se tissent. La vie précaire d'un petit cirque dans l'Italie d'aujourd'hui. Derrière les palissades, presque un terrain vague. Quelques animaux, de vieilles caravanes. Lumière grise, pluie d'hiver. Une survie plutôt. Et l'hiver pas de travail. Les acteurs non-professionnels, pour la plupart des gens du voyage, jouent leur propre rôle. Les relations humaines éclairent cet univers triste, hors du monde. L'enfant trouvé devient un point de lumière.
Une réflexion sur le bonheur, sur le décentrement, où la joie c'est de rendre heureux l'autre. Philosophie au fondement même de la vie des gens du spectacle.
Pas de trame narrative, si ce n'est l'importance du moment présent, de l'instant : la mer, la fête foraine, les jeux..Car on ne sait jamais si la rencontre va durer.
Qu'elle ait au moins vécu quelque chose de bien, se disent-ils, sa vie ne sera probablement pas facile.





Paris - prolongation jusqu'au 10 janvier 2010
Originalité et courage de cette démarche, qui traite en profondeur et avec beaucoup de sensibilité esthétique d'un art souvent jugé mineur, voire méprisé. L'exposition montre comment dans les années 70 le graffiti passe d'un prurit d'adolescents révoltés à une pratique artistique d'une grande originalité graphique et en constante évolution. Cet historique est richement documenté, notamment de nombreux interviews filmés des précurseurs du mouvement, ainsi que de documents d'époque, à noter le rapport de la police de New York décrivant les profil type du grapheur : 14-16 ans, opérant entre 16h et 2 heures du matin (la journée ils sont à l'école..), portant un manteau ou une veste longue pour dissimuler un sac contenant les bombes de peintures… Tout comme les statistiques des vols de peinture dans les magasins de la ville.. également d'amusantes interviews des autorités locales et de la "bonne société" tentant de lutter contre ce fléau॥et ces "déprédations ignobles"..
Un art visant à conquérir l'espace urbain, en posant sa marque, sous forme de tag, signature stylisée, majoritairement le fruit de très jeunes Afro-américains et hispaniques des quartiers populaires du Bronx, de Washington Heights. Pratique qui s'étendra rapidement aux jeunes de toutes les communautés.
Recherche d'une identité visuelle, travail formel, d'autant plus original qu'il était soumis à de nombreuses contraintes. De l'intérieur des stations de métro et des rames, les tags recouvriront peu à peu l'extérieur des wagons, se complexifieront et s'enrichiront de calligraphies de plus en plus élaborées.
Il ne s'agit donc plus simplement de marquer un territoire, le tag du writer associant souvent son surnom au numéro de sa rue (Joe 182, Julio 204…), mais de faire voyager ses créations dans l'ensemble de la ville, le métro artère vitale traversant tous les quartiers, des plus modestes aux plus chics, de Brooklyn ou Harlem à la 5ème avenue, de montrer à tous sa virtuosité. Une recherche de reconnaissance par la communauté des grapheurs, par delà les conventions sociales. Sortir de sa condition par l'art, sortir de la masse, faire briller son individualité, rêves d'ascensions sociales sans assujettissement à une culture bourgeoise, création de nouvelles normes, de nouveaux codes.
Transgression donc, des interdits, des limites sociales et économiques, où les invisibles inventent une nouvelle culture, dans la réappropriation de l'espace public। Transgression indissociable du risque d'une pratique clandestine, violence des accidents souvent fatals et de la répression.
Le travail graphique sur l'écriture du tag préfigure les compositions de fresques en graphes. Art paradoxalement monumental et éphémère..les fresques sur les rames étant régulièrement effacées..Mais ceci permettra une évolution rapide des styles. Jusqu'à la popularisation et la mondialisation de cet art dans les années 80.
D'une pratique de jeunes, à la limite de la délinquance et en perpétuelle provocation, le graffiti sera intégré par de nombreux artistes , notamment par les premières expositions en galeries (Fashion moda, Bronx, Fun Gallery, Lower East Side,1978), puis par les premières expos institutionnelles.
L'expo explore également les liens avec d'autres arts de la rue, break dance et hip hop et s'interroge sur la notion de culture de rue.
Un travail exemplaire tant par la qualité et la richesse de la muséographie que par les nombreuses interactions avec le monde artistique :programmation de films, de concerts-événements, de happenings ..
En complément sont organisées des "soirées nomades" événements et concerts..
Catalogue :
Né dans la rue-Graffiti, Paris, Fondation Cartier pour l'art contemporain, 2009, textes de Richard Goldstein, entretiens avec Coco 144, Lady Pink, Ket one, Jayone, 242 p.